Jouer le répertoire pour violon seul représente pour un violoniste le défi ultime. Ces œuvres sont de véritables tours de forces, des terrains d'expérimentation qui repoussent les limites d'un instrument à la base monodique.

Tartini, selon l'esthétique de son époque renonce au contrepoint, en sublimant le côté mélodique. La polyphonie, discrète mais présente, remplit une fonction exclusive de soutien au chant. Il se concentre sur la substance même de la musique, sa capacité à émouvoir et son pouvoir évocateur, comme seuls les grands génies ont su le faire.

Une adaptation de la technique d'archet est nécessaire afin de rendre justice au contrôle légendaire du maître de Padoue en ce domaine.

La musique de Tartini réclame une réelle appropriation de son style, afin d'en saisir proprement la substance. A la croisée des chemins entre baroque et classique, elle cultive le clair-obscur cher aux peintres de son époque, grâce à l'alternance incessante de passages cantabile et suonabile.

To play a repertoire for solo violin represents the ultimate challenge for a violinist. These works are actual tours de force, fields of experimentation that push back the limits of an instrument with a monodic basis.

According to the aesthetics of his time, Tartini forgoes the counterpoint while sublimating its melodic side. Polyphony, discreet but present, keeps with the exclusive function of support to the song. He focuses on the substance of music itself, its capacity to move, its power to evoke, as only the greatest geniuses have been able to do.

Adapting the bow technique is necessary in order to do the master of Padua’s legendary control justice in that matter.

Tartini’s music requires a real claim over his style, in order to properly grasp its substance. At the crossroads between baroque and classical, it cultivates a chiaroscuro prized by the painters of the time, thanks to the unending alternation of cantabile and suonabile parts.