Michel de La Barre demeure un musicien que le mouvement de redécouverte du répertoire baroque a quelque peu laissé pour compte. Pourtant, sa musique aussi solidement ancrée dans l’héritage de ses prédécesseurs qu’à l’écoute des innovations de son temps est plus inventive qu’il n’y paraît, anticipant même, par son expressivité, son sens inné de la mélodie et la clarté de sa facture, quelques-unes des évolutions esthétiques alors à venir.

Qui était ce "Fameux joüeur de flûte allemande", dont tout le monde parlait à Paris et que l'on se pressait d'écouter jusque dans les appartements royaux à Versailles ? Les musiciens du « Mercure Galant », retracent ce que fut sa carrière comme « flûte ordinaire de la chambre du roi ».

Sonorités subtiles et tendres, évocations partagées entre le style vocal lulliste tardif et l'air sérieux, la brunette ou la chanson au discours simple, Michel de La Barre est le personnage clé de la naissance de la flûte traversière en France.

La suite des plus belles symphonies du « Triomphe des Arts » ainsi que les airs sont des premières au disque.

Serge Saitta, solo flute with Les Arts Florissants since 1988, has taken the pieces on this imaginative programme for Agogique, from various parts of Michel de La Barre's output, rather than keeping solely to the works he wrote for his own instrument, the flute. 

De La Barre [c1675-1745] was not a success as an opera composer, largely blamed on his librettist, nevertheless his music was considered intersting enough to be distributed in the form of reductions, for performance by small ensembles. 

The 'Recueil des plus belles symphonies du Triomphe des Arts', excerpts of which are recorded here for the first time, reveals some fine compositional qualities and the airs for Léonore, 'Tendres Plaisirs, charmants amours' and 'Quand je revois l'objet de mes amours' are the sole survivors of his opera 'La Vénitienne'. 'Qu'un coeur est prévenu' in a lovely rendition by Camille Poul, is reminiscent of Monteverdi's 'Pur ti miro' from 'Poppea'. A worthy tribute, beautifully programmed, with narration by Louise Moaty.