Compositeur aussi abondamment célébré de son vivant que pleuré à sa mort en 1497, Ockeghem demeure pourtant aujourd’hui un de ceux du XVe siècle dont la musique est la plus parcimonieusement fréquentée.

Comme le montre sa Missa prolationum, véritable tour de force d’écriture, elle atteint, en effet, un niveau de complexité tel qu’il ne peut qu’impressionner les interprètes, y compris les plus chevronnés.

L’ensemble Musica Nova, auquel on doit une version de la Missa cuiusvis toni du même Ockeghem mais également un choix de Ballades et une intégrale des Motets de Machaut unanimement salués par la critique française et internationale, aborde ce chef-d’œuvre avec l’audace qu’on lui connaît ; en revenant aux sources manuscrites, en les recoupant et en les interrogeant, il livre de la Missa prolationum une version proprement inouïe dont les réponses nouvelles aux problèmes que posent la partition se démarquent nettement de tout ce qui a été tenté jusqu’ici et font étinceler la profonde beauté de ce joyau du Moyen-âge tardif.

Johannes Ockeghem was an absolute master of counterpoint who, for more than 40 years at the end of the 15th century, ruled over Franco-Flemish polyphony under three French kings, Charles VII, Louis XI and Charles VIII. His works – which are still all too rarely performed – continue to fascinate to this day.

The Missa prolationum, together with the Missa cuiusvis toni, is a tour de force of writing, reaching levels of complexity that can impress even the most experienced performers. Although its Latin title would seem to suggest a sacred theme, this work does not strictly speaking belong to the liturgical domain and is not based on a pre-existing melodic motif, taken from motet or Gregorian chant.

Musica Nova is composed of a loyal core of singers gathered around Lucien Kandel and has already recorded Ockeghem's 'Missa cuiusvis toni' and a selection of ballads and Motets by Machaut. Kandel has returned to manuscript sources to deliver a new edition of the 'Missa Prolationum', together with the 'Salve Regina' and 'Alma Redemptoris Mater', shedding new light and sparkle on the profound beauty of this jewel of the late Middle Ages.